À quel âge passer le permis moto ? Le guide clair pour démarrer au bon moment

Bruno

11 février 2026

On va être francs : entre les sigles (AM, A1, A2, A), les histoires de puissance, d’âge et de passerelles, savoir quand on peut enfin poser ses fesses sur une « vraie » moto ressemble vite à un casse-tête. Pourtant, la logique est simple : en France, on ne lâche pas un gros cube à quelqu’un qui n’a jamais roulé. La loi impose une montée en puissance progressive, histoire de survivre à ses débuts sur deux-roues.

On va donc décortiquer tout ça ensemble, comme entre potes au comptoir d’un bar motard : à quel âge on peut commencer, avec quoi, et comment on grimpe les marches jusqu’au permis A, celui où il n’y a plus de bridage et où la seule limite, c’est votre poignet et votre bon sens.

Les grandes étapes du permis moto en France

Avant d’entrer dans le détail, mieux vaut visualiser le parcours complet. La réglementation française fonctionne comme un escalier : chaque marche correspond à une catégorie de permis, avec un âge minimum et une puissance limitée. Impossible de sauter une marche, quels que soient votre âge ou votre budget.

Voici le panorama des principaux permis moto et de ce qu’ils permettent réellement de conduire.

CatégorieÂge minimumType de machinePuissance max
Permis AM (ex-BSR)14 ans50 cm³ et quadricycles légers4 kW, 45 km/h
Permis A116 ans125 cm³ et tricycles légers11 kW (15 ch)
Permis A218 ansMotos dites « intermédiaires »35 kW (47,5 ch)
Permis A20 ans minimumToutes motos, sans limiteIllimitée

En résumé : on peut commencer à 14 ans en 50 cm³, goûter aux vraies sensations à 16 ans en 125, attaquer les « vrais » moteurs à 18 ans en A2, et débloquer la puissance totale à partir de 20 ans, après deux ans de roulage sous bridage.

Pourquoi cette progression est imposée

Cette échelle de puissance ne sert pas à vous pourrir la vie, mais à éviter qu’un débutant ne se retrouve catapulté sur une machine qu’il ne sait pas gérer. Maîtriser un deux-roues, ce n’est pas que tenir l’équilibre : c’est lire la route, gérer le freinage d’urgence, encaisser une accélération musclée, anticiper les automobilistes distraits… et tout ça, on ne l’apprend pas en une semaine.

Le principe est simple : d’abord des petites machines, on fait ses armes, on se plante parfois, on apprend. Puis on monte doucement en puissance. Le but final, c’est de former des motards qui savent vraiment ce qu’ils font, pas juste des titulaires d’un bout de plastique rose.

Votre âge, votre porte d’entrée

Que vous ayez 15, 18 ou 40 ans, la règle est la même : c’est votre âge et votre absence (ou non) d’expérience moto qui dictent la catégorie accessible. On ne négocie pas avec ça, même avec un bon compte en banque.

Deux exemples concrets :

  • À 16 ans, la limite haute, c’est le permis A1, donc la 125 cm³, point barre.
  • À 35 ans, si vous n’avez jamais touché une moto, vous commencerez comme tout le monde : permis A2, 35 kW, deux ans probatoires avant d’espérer passer au A.

Pas de passe-droit, pas de “mais moi je suis plus mature” : la loi met tout le monde à la même enseigne, question d’égalité et, surtout, de sécurité.

À partir de 14 ans : premier contact avec le moteur, le permis AM

Pour les plus jeunes (ou leurs parents qui se posent des questions), tout commence avec le permis AM, l’héritier du fameux BSR. C’est lui qui ouvre la porte au monde des 50 cm³ et des petites voiturettes.

Permis AM : une formation, pas un vrai examen

On parle de « permis », mais techniquement, c’est une formation obligatoire de 7 heures, pas un examen avec des inspecteurs stressants. On y voit les bases : un peu de théorie, du maniement de l’engin, de la circulation. À 14 ans révolus, on peut y prétendre et rouler légalement sur un deux-roues motorisé.

C’est la toute première étape pour apprendre à se placer dans le trafic, gérer les freinages, les angles morts… bref, découvrir la jungle urbaine sans tout de suite monter sur une machine qui arrache les bras.

Qu’est-ce qu’on peut piloter avec un permis AM ?

Avec ce titre en poche, on reste dans la cour des petites cylindrées, sous haute surveillance côté puissance et vitesse.

  • Cyclomoteurs et scooters 50 cm³ : cylindrée limitée à 50 cm³, vitesse bridée à 45 km/h. La base pour aller au lycée ou au boulot d’été.
  • Quadricycles légers : les petites voiturettes sans permis et certains petits quads, tant qu’ils rentrent dans la case « léger » avec une puissance max de 4 kW.

Au-delà de 50 cm³ ou au-delà de 45 km/h par construction, c’est hors-jeu avec un AM. Débridage sauvage ou engin trop puissant, c’est carton rouge assuré en cas de contrôle… et en cas de crash, votre assurance vous laissera clairement tomber.

Spécificités pour les mineurs… et curiosité pour les plus de 35 ans

Pour les moins de 18 ans, deux obligations :

  • Autorisation parentale ou du tuteur pour l’inscription en auto-école.
  • ASSR 1 ou ASSR 2 en poche (attestation de sécurité routière passée au collège) pour pouvoir suivre la formation.

Détail surprenant : si vous êtes né avant le 1er janvier 1988, vous pouvez conduire un 50 cm³ ou une voiturette sans permis AM ni autre titre. C’est ce qu’on appelle un droit acquis, hérité des anciennes règles. Beaucoup de gens dans cette tranche d’âge ne savent même pas qu’ils ont cette liberté-là.

16 ans : l’accès aux 125 cm³ avec le permis A1

À partir de 16 ans, on entre dans un autre monde : celui des « vraies » motos, même si on parle encore de petites cylindrées. Le permis A1, c’est le billet d’entrée pour les 125 cm³.

A1 : les premières sensations de « vraie » moto

Fini le simple scooter 50 qui plafonne à 45. Avec une 125, on commence à parler prise d’angle, routes de campagne, petites accélérations qui donnent le sourire sous le casque. En contrepartie, on passe un vrai permis : code moto dédié (l’ETM) et deux épreuves pratiques (plateau et circulation).

Ce n’est plus une simple formalité : il faut démontrer qu’on sait manier une moto, gérer l’embrayage, les freinages d’urgence, l’évitement… bref, tout ce qui fait la différence entre rouler « à peu près » et rouler propre.

Machines autorisées avec un permis A1

Le A1 se concentre sur les motos légères. Les règles techniques sont précises :

  • Cylindrée maximum : 125 cm³, avec ou sans side-car.
  • Puissance limitée à 11 kW, soit environ 15 ch.
  • Rapport puissance/poids maxi : 0,1 kW/kg, histoire d’éviter des machines trop vives pour leur poids.
  • Tricycles à moteur possibles, tant qu’ils ne dépassent pas 15 kW (20 ch).

En pratique, ça veut dire des 125 de route, des petits trails, des scooters 125, quelques tricycles légers… de quoi largement commencer à se faire plaisir sans se faire peur.

Déjà le permis B ? La fameuse passerelle 125

Si vous avez déjà le permis voiture (B) depuis au moins deux ans, vous pouvez rouler en 125 sans passer par l’examen A1. Mais attention, ce n’est pas un passe-droit complet : il faut suivre une formation obligatoire de 7 heures en moto-école.

Pas d’examen à la fin, certes, mais ces 7 heures, c’est souvent le strict minimum pour comprendre qu’une moto ne se conduit pas comme une Clio : équilibre, trajectoires, freinage, vision… on change de monde.

Important : cette passerelle ne vous donne pas officiellement le permis A1. Elle vous autorise simplement à conduire en 125 sur le territoire français. Pour rouler à l’étranger avec une 125, là, il faudra le vrai permis A1 sur le permis de conduire.

A1 : un tremplin malin vers le permis A2

Commencer par le A1 à 16 ans est loin d’être inutile si vous visez le gros cube plus tard. Deux ans d’expérience en 125, c’est du vécu de route : pluie, nuit, circulation dense… ça forme un motard bien plus vite que n’importe quel bouquin.

Résultat : quand vient le moment de passer au A2, vous partez avec des réflexes déjà en place, vous avez moins besoin d’heures de formation, et surtout, vous êtes beaucoup plus à l’aise le jour de l’examen pratique.

18 ans : le permis A2, là où « ça commence à causer »

Le moment que beaucoup attendent : la majorité, le permis A2 et la première « vraie » moto qui envoie. Depuis la réforme de 2013, c’est le passage obligé pour tout nouveau motard majeur.

A2 : l’entrée officielle dans le monde des gros cubes bridés

On peut s’inscrire au permis A2 dès 18 ans révolus. C’est valable pour tout le monde : que vous sortiez tout juste du lycée ou que vous ayez 50 ans et envie de réaliser un vieux rêve, vous passerez par la case A2 en premier.

On ne peut plus obtenir directement un permis A sans bridage, même à un âge avancé. Le principe, c’est 2 ans de roulage en A2 avant d’avoir le droit de passer à l’illimité.

Quelles motos sont compatibles A2 ?

Beaucoup pensent simplement « bridée à 47,5 ch = A2 » et s’arrêtent là. En réalité, les critères sont plus fins.

  • Puissance limitée à 35 kW, soit 47,5 ch.
  • Rapport puissance/poids ≤ 0,2 kW/kg.
  • Puissance d’origine de la moto ≤ 70 kW (95 ch) si elle est bridée pour être compatible A2.

Traduction : on ne prend pas une hypersport de 180 chevaux pour la brider à 47,5 ch. La loi refuse ce genre de configuration, car même bridée, la partie-cycle est taillée pour des vitesses et des accélérations que vous ne saurez pas gérer au début.

Anticiper le code moto : astuce pour les pressés

Si vous avez hâte de passer au guidon, vous pouvez déjà passer le code moto (ETM) à partir de 17 ans. L’idée est simple : on décroche la théorie en avance, et le jour de vos 18 ans, vous pouvez attaquer la pratique directement sans perdre de temps avec les QCM.

Par contre, même avec l’ETM réussi, impossible de passer l’examen pratique avant vos 18 ans révolus. La pratique reste bloquée à la majorité, c’est non négociable.

Arriver en A2 : direct ou après un A1 ?

Deux chemins mènent au A2 :

  • Passage direct à 18 ans ou plus : formation minimale de 20 heures (hors éventuels compléments si l’auto-école estime que c’est nécessaire).
  • Arrivée depuis le A1 : volume de formation réduit à 15 heures minimum, car vous avez déjà une base de pilotage.

Sur le terrain, ceux qui ont roulé en 125 arrivent souvent beaucoup plus sereins : les commandes, la gestion du poids, le comportement des voitures autour… rien de tout ça n’est une découverte.

Deux ans en A2 : la période qui forge un vrai motard

Le permis A2, ce n’est pas juste un permis « bridé », c’est un sas de formation obligatoire de deux ans avant d’accéder à la pleine puissance. Là encore, l’âge ne fait pas sauter cette étape.

Expérience avant puissance : la philosophie du système

Que vous commenciez à 20, 35 ou 55 ans, ces deux années de A2 sont incontournables. Pendant tout ce temps, vous restez légalement limité aux machines compatibles A2. Impossible de griller le feu pour passer en permis A plus tôt.

L’idée est très claire : vous faire engranger de vrais kilomètres, de vraies situations, des petites frayeurs parfois, des trajets longs, du froid, de la pluie. Autant d’expériences qui forgent la tête plus encore que les bras.

Pourquoi l’âge ne suffit pas à faire un bon pilote

On entend parfois : « À 40 ans, je suis plus raisonnable qu’un gamin de 18, je pourrais bien avoir un gros cube direct ». Sauf que la route s’en fout de votre date de naissance :

  • Les pièges de la circulation sont les mêmes pour tout le monde.
  • Le réflexe de freiner sans bloquer, ça se travaille.
  • Savoir lire une trajectoire de sécurité, ça vient en roulant, pas en soufflant vos bougies d’anniversaire.

C’est pour ça que le législateur a mis l’expérience réelle au-dessus de la notion de maturité supposée. Ce qui compte, ce n’est pas votre âge, c’est le nombre de kilomètres que vous avez déjà avalés au guidon.

Ce que ces deux années vous apportent vraiment

Si on le prend avec le bon état d’esprit, le A2 est loin d’être une punition. C’est la période où on apprend à :

  • gérer une moto sur tous les revêtements et sous toutes les météos ;
  • maîtriser la machine sans tirer dans les tours inutilement ;
  • comprendre ses propres limites et celles de sa bécane ;
  • choisir ensuite, en connaissance de cause, quel type de grosse cylindrée vous convient vraiment.

C’est aussi le moment de se former davantage si besoin (stages de perfectionnement, freinage, trajectoires, etc.) pour arriver en permis A avec un vrai bagage, pas juste la soif de chevaux.

La fameuse passerelle A2 → A

Au bout des deux ans de A2, on ne vous envoie pas directement rouler sur un gros roadster de 150 chevaux. Avant d’obtenir la mention A, il faut suivre une formation complémentaire de 7 heures, qu’on appelle la « passerelle ».

Le programme, c’est :

  • un temps d’échange théorique sur votre expérience, vos habitudes, vos envies ;
  • des exercices de maniement et de freinage sur plateau ;
  • une session de roulage en circulation avec une moto non bridée.

Il n’y a pas d’examen final, mais la formation est obligatoire. C’est un peu le dernier contrôle technique du pilote avant de lui ouvrir les portes de la pleine puissance.

Le permis A : quand la bride saute enfin

Une fois la passerelle validée, on arrive au Graal de beaucoup de motards : le permis A, celui qui vous donne accès à toute la production moto, sans restriction de cylindrée ni de puissance.

Quel est l’âge minimum réel pour le permis A ?

Mathématiquement, le calcul est simple : on peut passer le A2 à 18 ans, et il faut deux ans de A2 avant de faire la passerelle. Résultat, le plus tôt possible pour avoir le permis A, c’est 20 ans.

Si vous commencez plus tard, tout se décale :

  • A2 à 25 ans → A possible à partir de 27 ans.
  • A2 à 30 ans → A envisageable à partir de 32 ans.

Ce n’est donc pas l’âge du permis A qui compte, mais l’âge où vous avez commencé votre A2. C’est lui qui conditionne tout le reste.

Contenu de la formation passerelle en pratique

La journée de 7 heures de passerelle n’est pas là pour vous faire trébucher, mais pour vous mettre face à la réalité d’une moto full power. On y bosse notamment :

  • la gestion d’une accélération plus brutale ;
  • des freinages à haute vitesse ;
  • les trajectoires avec une moto plus lourde ou plus coupleuse ;
  • l’attitude à adopter pour rester maître de la machine, même quand ça envoie vraiment.

On ressort de là avec une vision plus claire de ce qui attend derrière : on ne monte pas juste en puissance, on monte aussi en responsabilité.

Le moment où la vraie liberté commence

Une fois le permis A obtenu, toutes les restrictions disparaissent. Vous pouvez vous offrir ce que vous voulez : gros trail, sportive, custom qui tire sur les bras, routière de voyage chargée comme un mulet…

À partir de là, ce n’est plus la réglementation qui freine vos envies, mais votre budget, votre usage et surtout votre lucidité. La route ouverte n’est pas un circuit, et une moto de 150 chevaux sur le mouillé, ça rappelle vite à l’ordre ceux qui oublient ce détail.

Cas particuliers, équivalences et subtilités à connaître

Le schéma A1 → A2 → A est le plus courant, mais il existe quelques particularités qui méritent d’être éclaircies, surtout si vous avez déjà le permis B ou si vous lorgnez sur un trois-roues.

Rouler en 125 avec un simple permis voiture

C’est la question classique des automobilistes bloqués dans les bouchons : « Avec mon permis B, je peux prendre une 125 ? ». La réponse est oui, mais sous conditions.

Pour conduire une 125 avec uniquement le permis B, il faut :

  1. avoir le permis B depuis au moins 2 ans ;
  2. avoir suivi une formation pratique de 7 heures en école moto ou organisme agréé ;
  3. ne pas avoir subi d’annulation ou d’invalidation du permis dans les 5 ans précédents.

Et on le répète : cette équivalence est valable uniquement en France. Pour partir à l’étranger avec une 125, il faudra le vrai permis A1, officiellement inscrit sur votre permis de conduire.

Les scooters trois roues type MP3 et autres tricycles lourds

Les gros scooters à trois roues (catégorie L5e) attirent ceux qui veulent plus de stabilité sans forcément passer un permis moto classique. Là encore, le permis B peut suffire, mais la règle est stricte :

  • permis B depuis au moins 2 ans ;
  • formation de 7 heures, comme pour la 125 ;
  • âge minimum de 21 ans pour pouvoir les conduire.

Pour ces engins, l’âge compte autant que le permis. On ne peut pas s’y mettre à 18 ans juste parce qu’on a le papier B en poche.

Ancienne règle des 24 ans : totalement enterrée

On entend encore parfois : « Avant 24 ans, tu es en progressif, après tu peux avoir le gros cube direct ». Ça, c’était avant. Cette logique a disparu avec les réformes. Aujourd’hui, quel que soit votre âge, la case A2 pendant deux ans est un passage obligé.

Plus de raccourci magique lié à l’âge : tout le monde suit le même chemin, parce qu’on a enfin admis que la vraie sécurité passe par l’expérience, pas par le nombre de printemps.

Qui peut éviter la formation 7 heures pour la 125 ?

Il existe un petit cas particulier : certaines personnes peuvent être dispensées de la fameuse formation de 7 heures pour la 125. Il s’agit de ceux qui peuvent prouver qu’ils ont déjà assuré un deux-roues léger entre 2006 et 2010.

La preuve ne se trouve pas sur le permis, mais dans les papiers d’assurance : si votre assureur peut attester que vous étiez déjà titulaire d’un contrat pour une 125 à cette période, la loi considère que vous avez suffisamment d’expérience pour ne pas repasser par la case formation.

Jeune permis, assurance et bon sens : l’autre face du permis moto

On focalise souvent sur l’âge et la puissance, mais la vie de motard débutant, c’est aussi des points sur le permis, une assurance parfois salée et une responsabilité énorme au quotidien.

Le permis probatoire en moto

Si c’est votre tout premier permis (moto ou voiture), vous démarrez avec un capital de 6 points, pas 12. C’est la fameuse période probatoire.

Elle dure en général 3 ans, sauf si vous avez fait de la conduite accompagnée en voiture avant, auquel cas elle descend à 2 ans. Pendant ce laps de temps, la moindre grosse erreur (vitesse, téléphone, alcool…) peut vous coûter très cher : perte de points, voire invalidation pure et simple du titre.

Sur une moto, avec moins de protection autour de vous, ce capital réduit est un signal clair : on apprend, on se calme, on ne confond pas route départementale et spéciale de rallye.

L’assurance : un poste de dépense à ne pas sous-estimer

Pour un jeune conducteur, l’assurance moto peut vite piquer, surtout si on vise une machine un peu sexy. Les assureurs n’aiment pas le cocktail « peu d’expérience + deux-roues », et ça se ressent sur les primes.

Le système progressif (A2 pendant 2 ans) aide quand même à faire baisser la note au fil du temps : plus vous roulez sans carton, plus votre profil devient rassurant pour les compagnies.

Avant de signer pour une bécane, le réflexe à avoir, c’est d’appeler plusieurs assureurs pour demander des devis. Mieux vaut adapter le choix de sa moto à ce qu’on peut assurer sans se mettre dans le rouge plutôt que l’inverse.

Respecter la loi, c’est surtout se protéger soi-même

Bridage, catégories, âges planchers… tout ça peut sembler pesant. Mais sur la route, ces règles sont vos garde-fous. Un A2 débridé en douce, c’est :

  • un risque d’amende salée (jusqu’à 1500 €) en cas de contrôle ;
  • une possible immobilisation de la moto ;
  • et surtout une assurance qui peut refuser de couvrir en cas d’accident grave.

Le jeu n’en vaut jamais la chandelle. On peut très bien se faire plaisir avec 47,5 chevaux, surtout quand on apprend encore. La vraie compétence d’un bon pilote ne se mesure pas à la puissance de sa machine, mais à sa capacité à rentrer entier à la maison, lui et ceux qui l’accompagnent.

Quel chemin suivre selon votre âge ?

On récapitule tout ça de manière pratique. En fonction de votre âge actuel, voici le parcours logique et les bonnes stratégies pour profiter au mieux du système sans perdre de temps.

Entre 14 et 15 ans : découvrir la route en douceur

À cet âge-là, la seule option moto, c’est le permis AM. Vous pouvez :

  • prendre un scooter ou un 50 à boîte pour vous faire la main ;
  • apprendre à gérer la circulation, les priorités, les automobilistes distraits.

C’est un super terrain d’apprentissage pour préparer la suite. L’objectif à moyen terme : viser le permis A1 à 16 ans pour passer à la 125 en étant déjà à l’aise dans le trafic.

Entre 16 et 17 ans : 125 aujourd’hui, A2 en ligne de mire

À partir de 16 ans, vous pouvez :

  • passer le permis A1 et rouler en 125 cm³ ;
  • commencer à engranger de vraies sensations et de l’expérience « moto ».

À 17 ans, si vous pensez déjà au permis A2 pour vos 18 ans, vous pouvez :

  • passer l’ETM (code moto) en avance ;
  • préparer tranquillement la pratique pour enchaîner dès votre majorité.

C’est la meilleure façon de ne pas perdre de temps entre vos 18 ans et l’obtention du A2.

18 ans et plus : cap sur le A2 puis le A

À partir de 18 ans, le point de départ est le même pour tous les nouveaux motards : le permis A2. Pendant 2 ans, vous roulerez sur une machine limitée à 35 kW, largement suffisante pour apprendre, voyager, se marrer sur les petites routes et prendre de belles prises d’angle.

Après ces deux ans, avec la formation de 7 heures, vous débloquerez le permis A et pourrez enfin choisir votre bécane sans vous soucier de la case « puissance » dans la fiche technique.

Au final, le système français du permis moto suit une logique claire : on commence petit, on gagne de l’expérience, puis on monte en puissance. Que vous débutiez à 14 ans en 50, à 16 ans en 125 ou à 30 ans en A2, l’idée reste la même : faire de vous un motard complet, vivant, et pas juste un compteur de chevaux sur un parking. Prenez le temps de vous former, choisissez le parcours adapté à votre âge… et surtout, gardez toujours en tête que le but, c’est de profiter longtemps de la route, pas seulement du prochain run.

FAQ : les questions qu’on se pose tous en préparant son permis moto

Quel permis moto peut-on passer à 16 ans ?

À 16 ans, vous pouvez viser le permis A1. Il permet de conduire des motos ou scooters de 125 cm³ maximum, avec une puissance limitée à 11 kW (15 ch) et un rapport puissance/poids qui ne dépasse pas 0,1 kW/kg. C’est le premier vrai permis moto, avec code spécifique et épreuves pratiques.

Peut-on passer le permis moto à 17 ans ?

À 17 ans, vous pouvez déjà :

  • être titulaire du A1 (puisqu’il est accessible dès 16 ans) ;
  • passer l’Épreuve Théorique Moto (ETM) en vue du permis A2.

En revanche, pour le permis A2, la partie pratique (plateau + circulation) n’est accessible qu’à partir de 18 ans révolus. On peut donc préparer le terrain à 17 ans, mais pas encore décrocher le A2.

Quelle différence entre permis A1 et A2 ?

Le A1, c’est :

  • accessible dès 16 ans ;
  • limité aux motos et scooters de 125 cm³ / 11 kW max.

Le A2, c’est :

  • accessible à partir de 18 ans ;
  • ouvert à des motos plus grosses, limitées à 35 kW (47,5 ch), avec certaines règles sur le rapport poids/puissance et la puissance d’origine.

Le A2 est aujourd’hui le passage obligé pour accéder, après 2 ans et une formation complémentaire, au permis A sans aucune limite de puissance.

À 15 ans, quelle moto peut-on légalement conduire ?

À 15 ans (et dès 14 ans), vous êtes dans le domaine du permis AM. Vous pouvez vous mettre au guidon :

  • de cyclomoteurs 50 cm³ (motos ou scooters) limités à 45 km/h ;
  • de certains quadricycles légers à moteur (petites voiturettes).

Impossible à cet âge-là de dépasser les 50 cm³ ou d’aller vers les 125 : pour ça, il faut attendre 16 ans et passer le A1.

Avec un permis A2, peut-on conduire une 600 cm³ ?

Oui, à condition que la moto respecte les règles du A2 :

  • bridage à 35 kW (47,5 ch) maximum ;
  • puissance d’origine ne dépassant pas 70 kW (95 ch) ;
  • rapport puissance/poids conforme.

Beaucoup de roadsters mid-size (600 à 700 cm³) sont conçus pour être compatibles A2 via des kits de bridage homologués. Il suffit de vérifier les données constructeur et la mention sur la carte grise.

Peut-on passer le code moto (ETM) avant 18 ans ?

Oui. L’ETM est accessible :

  • dès 16 ans pour le permis A1 ;
  • dès 17 ans pour préparer un futur permis A2.

C’est une bonne idée de le passer en avance : ça permet, le jour où vous pouvez enfin vous présenter à la pratique, de vous concentrer uniquement sur le pilotage, sans avoir un QCM qui traîne en travers de la tête.